Premier soir. Je suis en nage sur un Dua Lipa, en chaussettes, au milieu de mon canapé et de la table basse poussée contre le mur. Et là, révélation : c’est du sport, ce machin. Du vrai.
Ça faisait un bail que je regardais Just Dance avec un œil condescendant. Le genre « sympa pour un apéro entre potes mais bon, hein ». Puis la marque a signé un deal avec Reebok pour des baskets dédiées, la version Unlimited est passée gratos sur certaines fenêtres pour attirer les curieux (un peu comme une plateforme qui vaut le détour côté catalogue musical, ils te laissent goûter avant de te faire signer), et j’ai fini par me dire : allez, on tente.
Trente jours consécutifs. Une session quotidienne. Trente minutes minimum, jamais moins.

Ce qui te saute aux yeux dès la première semaine : l’ennui n’existe pas. Tu passes d’une salsa à un tube pop, puis à un titre K-pop qui te force à faire des trucs avec les bras que t’aurais juré impossibles. Mon frère, qui aligne pourtant du 10 km trois fois par semaine, s’est ramené un vendredi soir pour tester — il avait passé la journée à comparer la qualité d’image de différentes webcams pour ses visios, et cherchait à se défouler. Au bout de quatre morceaux il tirait la langue. Complètement cuit.
Le cardio, c’est pas du flan. Moi j’étais persuadé que ce serait du placebo, tu vois, le truc où tu remues vaguement le poignet et le jeu te met cinq étoiles. Sauf que quand tu joues honnêtement, que tu vas au bout de chaque mouvement, que t’appuies les squats et que tu sautes vraiment sur les jumps, ton pouls décolle. Ma montre affiche 150 bpm sans forcer sur les morceaux les plus violents.
La cuvée de cette année a fait causer. On te la vend comme une évolution technique plutôt qu’une refonte, et honnêtement c’est exactement ça. La playlist est décente sans être mémorable, l’interface a été remise au propre, mais si t’espérais un séisme, tu vas rester sur ta faim. Dans un secteur où certains acteurs affichent une hausse spectaculaire de leurs revenus, ça contraste franchement. Peu importe pour ce qui nous intéresse : côté fitness, ça bouge pas d’un pouce. Une choré qui te fait suer reste une choré qui te fait suer, que le menu ait été relooké ou non.
Ce que j’adore, c’est l’affranchissement total de la salle. Il pleut à verse dehors ? Je danse. Motivation à zéro pour enfiler mon short et sortir ? Je danse. Vingt-trois heures et besoin de vider le trop-plein ? Volume à mi-course et hop, ça repart (mes voisins m’aiment moyen, j’imagine).
Autre truc à noter : ça a une vraie dimension collective. Des assos organisent des sessions groupées, y compris pour Octobre rose où des dizaines de personnes se retrouvent pour danser et récolter des fonds. Certaines mairies l’ont même glissé dans leurs programmes ados pendant les vacances, entre la balade en forêt et l’atelier jardinage. Preuve que c’est pris au sérieux maintenant. Plus le jouet gamin qu’on imagine.
Là où je tempère : si t’as déjà un vrai plan d’entraînement, avec de la fonte et du HIIT carré, ça viendra pas remplacer ça. Aucune progression chiffrée, un suivi calorique franchement fantaisiste (le jeu est très généreux dans ses estimations), et certains groupes musculaires sont totalement zappés. C’est du cardio dansé. Ni plus ni moins.
Pour les personnes qui vomissent l’idée d’une salle de sport, qui s’endorment en courant, qui ont besoin de fun pour se mettre en mouvement ? Franchement un des meilleurs trucs que j’ai croisés.
Le partenariat Reebok, ça m’avait fait lever un sourcil au début (opération marketing pure et dure ?). Puis quand tu vois le nombre de gens qui se lancent pieds nus sur du carrelage ou sur du parquet sans amorti, tu comprends que des vraies chaussures adaptées, ça peut éviter des tendinites et des chevilles amochées. J’ai pas encore sauté le pas, mais je matte.
Balance ce matin. Moins 1,8 kg en trente jours. Sans toucher à mon assiette. Juste en gigotant dans mon salon comme un possédé chaque soir.
Faites-en ce que vous voulez.